Les Chartreuses du château

Les Chartreuses sont une structure architecturale ancienne datant vraisemblablement du XVIIe siècle, que l’on rencontre rarement en France.

Composées de salles égales reliées entre elles par une succession d’arcades, elles sont situées sur une terrasse surplombant les canaux. Les murs, d’une hauteur de 4 mètres environ, étaient conçus pour créer une succession de micro-climats permettant d’étaler dans le temps les productions de fruits.

Ce type d’architecture est très semblable à celle du Potager du Roi à Versailles créé par le jardinier La Quintinie pour le Roi Louis XIV, grand amateur de fruits.

S’étendant sur 5000 m² et blottis dans les hauts murs des chartreuses, cinq jardins évoquent l’évolution de l’art des jardins en France. Passant d’un jardin à l’autre, l’on passe d’une époque à une autre.

Cloîtres des Simples

Cette chartreuse est entourée d’un promenoir dans l’esprit de la Renaissance, fait de tilleuls conduits en une série d’arcades reliées entre elles par une voûte de végétation. Entre le promenoir de ce cloître et les murs extérieurs, ont été palissées et conduites de nombreuses variétés de roses, des arbustes oubliés, et des vivaces. Au milieu du cloître, quatre carrés recèlent des collections de simples disposées en carreaux. On y trouve un choix de large de plantes médicinales, condimentaires; tinctoriales et mellifères. Un jeu de bancs en châtaignier permet à chacun de profiter des senteurs différentes selon les emplacements.

Jardin Bouquetier

Le long du canal, à l’ombre d’un cyprès-chauve et d’un chêne d’Amérique s’étend une longue plate-bande rectangulaire composée de plantes vivaces : ce sont des herbacées qui fleurissent durant plusieurs années. Chaque années leurs tiges et leurs fleurs meurent pour renaître à la belle saison. Ces plantes sont de hauteurs différentes, de floraisons échelonnées, de sorte qu’il y a toujours une variété en plein épanouissement et qu’aucune n’est masquée par une autre. Des annuelles et des arbustes les complètent. En France, c’est au début du XXème siècle que les vivaces, autrefois reléguées au potager, ont été regroupées, dans un souci d’ordre décoratif. Mais c’est en Angleterre, qu’au XIXème siècle l’usage des vivaces s’est répandu, sous l’influence du paysagiste William Robinson, connu par son livre « les jardins naturels ». Gertrude Jekkyll, autre célèbre paysagiste, développa ses idées et lança la mode des jardins de vivaces.

Jardin de Méditation

Un enclos d’osier vivant tressé entoure une maison en if et son jardin fait de parterres de buis et de germandrée. Sur le mur, une fresque, inspirée de celle de Giotto, représente Saint François d’Assise parlant aux oiseaux, elle rend hommage à quatre personnes qui ont joué chacune leur rôle dans l’histoire récente d’Ainay : « Georges-Henri l’ami des oiseaux, Géraud le poète, Jeanne l’âme des lieux et Jean-Pierre l’amoureux de la nature » Sortant de l’enclos on pénètre dans un quinconce de mûriers entourant un bassin dont l’eau , symbole de vie, sourd d’une fontaine. L’atmosphère de ce jardin, sa fresque baignée de lumière, l’eau venue de l’ombre profonde des mûriers, est une invite à la méditation.

Vergé Sculpté

Planté selon un dessin classique français, l’on y entre par une allée surmontée d’arcades de poiriers et ponctuée de fruitiers en colonnes. Il présente les techniques mises au point au 17eme siècle par Jean-Baptiste de La Quintinie au Potager du Roi à Versailles. Il s’agit de formes fruitières multiples : candélabre, éventail, cordons doubles, palmettes en U ou double U. Libres ou palissées, leur structure parfaitement équilibrée et la végétation réduite laissent passer la lumière, permettant à la sève de nourrir tous les fruits qui seront plus gros et plus colorés.

Parterres de Broderies

Cette chartreuse évoque la grande époque des jardins à la française qui atteignit son apogée au XVIIème siècle sous l’impulsion de Le Nôtre. Une de leurs caractéristique importante est les « parterres de broderie » qui étaient comme un tapis étalés devant le château en prolongement de l’élégance et de la richesse que l’on voyait à l’intérieur. Autre caractéristique importante : les treillages, somptueux décor d’abord réalisé par Le Nôtre pour le Roi à Versailles, dont la mode s’étendit ensuite à tous les jardins des Seigneurs à cette époque. Ici le parterre de broderies décrit des volutes et reproduit des fleurs de lys. Dans les bordures de buis, des roses blanches fleurissent abondamment. Le bassin central est fait d’ifs. Le portique de treillage se dresse de façon théâtrale devant la perspective des canaux.