Une histoire familiale

Acheté aux Culant en 1435 par Jacques Cœur, l’argentier de Charles VII, puis confisqué à celui-ci lors de sa disgrâce, il a été racheté le 14 décembre 1467 par Charles de Chevenon, seigneur de Bigny, grand maître des Coureurs de France, c’est-à-dire des Postes royales fondées par Louis XI. Il est habité par les descendants de la famille Bigny, depuis plus de six siècles.

Charles de Bigny fait édifier vers 1500-1505 un magnifique logis gothique flamboyant avec des influences de la première Renaissance à l’intérieur de l’enceinte, côté nord-est. Son fils Claude, gouverneur de la Bastille à Paris et son petit-fils Gilbert, maître d’hôtel de la reine Catherine de Médicis, achèvent les embellissements.

Les intérieurs sont décorés de cheminées monumentales.

Une chapelle est construite par Gilbert de Bigny , vers 1527, dans une des tours : elle est décorée d’un plafond à caissons sculptés dans la pierre qui témoigne de l’avancée de l’influence italienne des débuts de la Renaissance française. Des peintures murales du XVIème et XVIIème siècle illustrent la vie du Christ. Elles sont attribuées à Jean Boucher et son école. La restauration récente des peintures permet de distinguer les apports des époques ultérieures : arabesque de feuillage du XVIIème siècle, bandes bleu ciel du XVIIIème siècle, peinture au pochoir du XIXème siècle.

Des grandes fenêtres ont été ouvertes sur l’extérieur et sur la cour débarrassée de ses bâtiments militaires.

Vers 1600, deux pavillons Renaissance sont construits face au château à l’emplacement de la seconde enceinte; ils marquent l’entrée des « jardins d’eau de la Renaissance » créés par le marquis de Bigny qui, proche de la cour du roi, céda ainsi à la mode du temps.

La Révolution française épargne la forteresse d’une destruction totale, le marquis de Bigny habitant alors le château de Bigny, au nord de Saint Amand-Montrond. Ce dernier y est décapité et son épouse s’exile alors en Angleterre ; son fils est tué dans la bataille de Quiberon qui oppose les aristocrates à l’armée révolutionnaire.

Au XIXème siècle, son neveu Anatole de Chevenon, devenu le nouveau marquis de Bigny entreprend la restauration du château et des jardins d’Ainay, entre 1855 et 1860. Le parc de sept hectares est transformé en jardin paysager et des chartreuses sont créées près du « Carré en île » lui-même aménagé en potager.

A son décès, sa fille,  la comtesse de Villefranche hérite d’Ainay-le-vieil qui est dévolu ensuite à sa fille, la marquise de Colbert, et enfin à la fille de celle-ci, la baronne Géraud d’Aligny.

1954 : le Baron et la Baronne Géraud d’Aligny, parents des actuels propriétaires, décident d’ouvrir le château au public. Ils sont à l’initiative de la Route du Coeur de la France, première des Routes Historiques en France, avec plusieurs châteaux privés. Elle deviendra par la suite la Route Jacques Coeur. Un spectacle « Son et Lumière » est créé un an après celui de Chambord. Le nombre de visiteurs augmente.

Depuis 1982, une politique culturelle active est menée. Les thèmes des expositions sont généralement liés à celui des Célébrations Nationales.

1984 : une tempête dévaste le parc, point de départ de grands travaux de réhabilitation.

1988 : création de la Route des Parcs et Jardins de la Région Centre, sous les auspices de la Demeure Historique, par Marie-Sol de La Tour d’Auvergne afin de développer le tourisme de jardins dans la région. L’Association des Parcs et Jardins de la Région Centre, créée à partir de la Route, devient l’organisme réunissant et représentant l’ensemble des jardins de la Région Centre.

1993 : à la suite de la Baronne Géraud d’Aligny,  Auguste d’Aligny est nommé gérant de la SCI familiale qui compte six membres, tous enfants de la fondatrice.