Souvenirs de Marie Antoinette, épouse de Louis XVI

A la fin du XIXème siècle, la fille du marquis de Bigny  épouse le comte Edmond de Villefranche, arrière-petit-fils de la duchesse de Tourzel, devenue gouvernante des Enfants de France le 26 juillet 1789, après le départ en émigration de la duchesse de Polignac.

Ce mariage apporte à Ainay-le-Vieil deux objets que la reine Marie-Antoinette donna à Madame de Tourzel pour la remercier de son dévouement. Son sens du devoir, en effet, lui fit endurer les pires dangers : elle est la seule qui ne soit pas de sang royale dans la berline arrêtée à Varenne, elle est la seule aussi à être enfermée avec la famille royale et Madame Elisabeth dans la prison du Temple. L’un des souvenirs est une minuscule lyre en or dont le socle est une boîte à musique qui joue Bon voyage Monsieur Dumollet ; la reine l’a donnée à Madame de Tourzel pour l’avoir aidée à se confectionner un corset destiné à la protéger car elle redoutait d’être assassinée d’un coup de poignard. L’autre souvenir, un médaillon d’ambre refermant une araignée fossilisée, considérée comme un porte-bonheur, est l’un des derniers bijoux que Marie-Antoinette portait au Temple.

La lecture par les visiteurs du dernier billet écrit de la main de Marie Antoinette à ses enfants, à l’annonce de sa mort, est particulièrement émouvante.

Un autre objet, plus tardif, témoigne de la fidélité constante de la famille aux Bourbons : un petit bateau en ivoire, oeuvre des canotiers dieppois, montre la duchesse d’Angoulême, fille de Marie-Antoinette, quittant la France pour l’Angleterre, accompagnée de la comtesse de Béarn, fille de la duchesse de Tourzel, et dont le petit-fils, le marquis Edmond de Villefranche, épousa Jeanne de Bigny, héritière d’Ainay-le-Vieil.